CONFESSIONS D'UN VIOLON AU THÉÂTRE CLAVEL

Février-mars 2018

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EXTRAITS VIDÉO DU SPECTACLE DISPONIBLES SUR DEMANDE.

 

La pièce a été jouée tous les mardis à 19h30 au théâtre Clavel - 3 Rue Clavel, 75019 Paris
Lire ici les critiques : ici

Représentation durant la troisième édition du Printemps du Violon au Centre Spirituel et Culturel Orthodoxe Russe (lien ici).
Le samedi 24 mars à 18h00 / 1 Quai Branly, 75007 Paris
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SYNOPSIS
Voilà trop longtemps que le violon se contente de jouer. Ce soir, c’est décidé... il raconte son histoire.

Tiens, le violon parle. Il se confesse, même… Il évoque les moments de fierté, de musique, d'amour, de solitude, d’impuissance, qui ont fait le sel de sa vie. Comme dans un rêve, les souvenirs et les personnages s’entremêlent, se croisent, portés par le désir de se raconter, d'offrir à l’être aimé l’entier récit de son existence. 
Un hymne au lien unique qui unit l’instrument et son interprète.

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De et avec : Audrey Guttman

Mise en scène : Emmanuelle Kaltcheva-Djaïma

Lumières: Zoé Rodriguez- Twardowski

Durée: 1 heure

Coproduction Le Printemps du Violon / Oh My Goddess Productions

 


"OUVRIR L’ÂME"
Le violon parle. Après des années passés à exécuter minutieusement les gestes du violoniste, le violon parle - enfin. L’étui s’ouvre et une nuée d’esprits s’en échappe.
Écrire Confessions d’un violon, c’était tenter de rattraper tous ces esprits par la manche et de leur donner la parole. L’on ne se confesse que si l’on est hanté. 
Tous les corps sont des violons: des caisses de résonance où des voix luttent pour sortir, où des notes se mêlent, s’élèvent, timides ou enhardies. Est-il meilleur endroit que le théâtre pour faire retentir cette polyphonie intérieure?
Mais la caisse du violon est aussi la boîte de Pandore: les mots, une fois dits, ne peuvent se reprendre. C’est le début des ennuis: et comme d’habitude, cela commence par une femme. Une femme-violon qui exerce sa liberté, qui essaie plusieurs voix pour trouver la sienne. 
La pièce explore ce geste vertigineux de se confesser, ce besoin irrépressible de tout raconter à l’être aimé: celui-là même qui ne nous entend pas, ou pas comme il faut. On se confesse, alors que l’on voudrait communier, ne faire qu’un avec l’autre. C’est, en apparence, le cas du violon, qui épouse le moindre mouvement du violoniste, qui lui obéit comme le chiffon d’un ventriloque. Mais à l’intérieur, il y a son âme, brûlant d’être entendue, se débattant entre pureté et passion, entre amour divin et profane. Une tension comme une corde tendue, comme une note déchirant le silence. 

Audrey Guttman


Représentations passées:

CONFESSIONS D'UN VIOLON (2017)

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une pièce de et avec Audrey Guttman
mise en scène Emmanuelle Kaltcheva-Djaima

Durée: 1 heure

Le spectacle a été créé le 28 mars 2017
à la Maison de l’Amérique latine à Paris
à l’occasion du festival Le Printemps du Violon

SYNOPSIS

Si le violon pouvait parler, que dirait-il? C’est à cet exercice d’une éblouissante virtuosité que se livrera la jeune auteur et interprète Audrey Guttman. Lors de ce voyage surprenant au coeur du rapport entre instrument et interprète, la pièce de lutherie sera le narrateur de sa propre existence, en révélant les joies, les défis et les triomphes. Pour la première fois, le violon lui-même nous livrera sa vision des hommes et de la musique, dans un monologue théâtral qui ne laissera personne indifférent…

INTERVIEW

Comment est né Confessions d’un Violon?

De la convergence de plusieurs rencontres. D’abord celle d’Altinaï Petrovitch Njegosh, directrice administratrice du festival, qui m’a commandé un spectacle sur le violon après avoir assisté à une lecture de mes textes, en juin dernier. A peu près à la même époque, je lisais l’autobiographie d’un violoniste français, qui racontait son propre rapport fusionnel à l’instrument. Je lisais et relisais le passage sur le violon qui me faisait l’effet d’une déflagration: moi-même fille de violoniste, je découvrais que je ne savais rien de cet instrument que je croyais si bien connaître. J’avais le sentiment de pénétrer une zone interdite, quelque chose de très intime, de presque indicible. Ce rapport, c’était de l’or littéraire, et je le savais. Mais comment le pénétrer? Je ne me sentais pas légitime dans la posture du violoniste, pour des raisons évidentes. Restait le violon… L’idée s’imposa très vite d’utiliser un procédé vieux comme la littérature, consistant à faire parler un objet inanimé. Déplacer l’objectif permettrait de raconter l’histoire autrement, avec la distance de l’écriture, la férocité du théâtre.

Comment l’écriture est-elle venue?

C’est drôle, parce que j’ai commencé par écumer les bibliothèques pour tout savoir sur le violon, mais il se dérobait à moi, malgré les piles de manuels de lutherie et de techniques de jeu. A la place, j’ai eu l’impression de suivre une réelle formation de violoniste, mais sans avoir jamais touché d’instrument! Une autre moi apprenait les différentes écoles de l'archet, les exercices à suivre, et ainsi de suite, sans que la vraie moi mette jamais en pratique cette théorie. J’ai trouvé matière poétique dans ce décalage. Puis j’ai interrogé des amis musiciens, je me suis remémoré des scènes de mon enfance… Il y avait un attachement très fort à ce violon paternel qui ne s’arrêtait jamais de jouer, de répéter, de voyager; à la caisse de violon, son univers feutré, ses photos glissées derrière l’élastique… J’ai passé mon enfance à danser autour de mon père qui jouait du violon.

Comment avez-vous créé le personnage du violon?

Au final, il a fallu que j’oublie tout ce que je savais sur le violon et que je me plonge dans mon histoire pour trouver des points de résonance avec lui. J’ai essayé de deviner ce qu’il aurait sur le coeur, quelles émotions coincées en travers de la gorge jailliraient au grand jour. J’aime cette phrase de Louis-René des Forêts: «Suis-je un homme, une ombre, ou rien, absolument rien ?» Je voulais que le violon reprenne cette oscillation de l’être. Le violon, c’est aussi celui qui trime dans l’ombre pendant que l’interprète récolte honneurs et gloire. C’est la femme qui attend le retour de son homme. C’est l’être illuminé qui tend un pont entre les mondes. Vous voyez, le halo qu’il y a autour d’un musicien qui joue? Je voulais montrer cet espace sacré. D’ailleurs le violon, c’est un petit miracle. Le luthier, c’est un peu l’homme qui se prend pour Dieu, qui reconstruit, avec des bouts de bois, la voix humaine… Il y avait aussi l’idée de polyphonie, de montrer tous les personnages qui coexistaient dans le violon.  Rentrer en plein dans les clichés pour mieux les éventrer.

Comment s’est construite la pièce?

A la première séance, Emmanuelle m’a demandé de résumer la pièce en une phrase. Cette phrase, c’était: J’ai toujours joué, mais jamais personne ne m’a écouté. Ce fut la graine à partir de laquelle le spectacle a jailli. Elle ne figure pas dans la pièce, d’ailleurs. On a commencé à répéter alors que le texte n’était pas encore terminé, ce qui était une perturbation très bonne. La pièce continuait de s’écrire sur scène, et j’avais le sentiment de garder un lien vivant avec cette graine. Le spectacle s’est construit millimètre par millimètre, les mots ont déployé des ailes de mouvement, de son, d’espace, de silence… Finalement, le violon était la porte par laquelle je suis rentrée dans une forêt! Pour que la supercherie fonctionne, il fallait créer un monde.

 

NOTE DE LA METTEUR EN SCENE
Travailler sur Confessions d'un violon a été particulièrement intéressant pour la metteur en scène et violoniste que je suis. Voir la musique et le métier de musicien à travers le regard de l'instrument et non pas du musicien est une prise de position inhabituelle qu’Audrey Guttman défend à merveille dans son texte. Ce projet m'a tout de suite séduite par son approche directe et sa recherche de détails pour faire vivre le violon comme un être humain qui ressent et qui vit les événements de la vie. Ma mise en scène donne différentes lectures du texte à travers le mouvement, le chant et la participation du public. Cela met encore plus en valeur l'écriture délicate de l’auteur, qui est aussi l'interprète. J'ai moi-même commencé le violon à quatre ans et en joue au niveau professionnel depuis quelques décennies, mais c'est grâce à ce texte que j’ai réalisé que je n'avais jamais pensé au violon comme un être à part entière.


ECHOS DE LA PRESSE

A l’occasion de la création du spectacle l’année passée:

RADIO

"Ballade musicale" sur IdFM Radio Enghien avec Bernard Ventre: écouter ici l'interview d'Audrey et Emmanuelle (slam à la fin)

"Les rendez-vous d’iliana" sur Judaïques FM avec Hélène Schoumann : écouter ici l'interview d'Audrey

INTERNET

Article de Luisa Pace dans Lumières internationales n°1: lire ici le portrait d'Audrey
Article d'Ariane Charton sur son blog: lire ici l'annonce du spectacle

Affiche : Barbara Sapík


LA JEUNE FILLE ET LA MORT

Edvard Munch - la jeune fille et la mort 1894.jpg

Edvard Munch, La Jeune Fille et la Mort, eau-forte, 1894

texte et narration: Audrey Guttman

oud, voix et percussions: Fawaz Baker

Le 27 février 2016

Poème en quatre mouvements:

En attendant le trépas (Allegro)
Étreinte mortelle (Andante)
Lutte à mort (Scherzo)
Danse macabre (Presto)

SYNOPSIS
Dans son quatuor à cordes Der Tod und das Mädchen,  Franz Schubert reprend l’air du lied éponyme écrit sur un poème de Matthias Claudius, ainsi que sa progression: l’appel entêtant de la Mort, le dialogue amoureux, la rébellion de la jeune fille et l’acceptation finale. Le mythe est bien connu: à l'époque classique, c'est celui de la belle Perséphone, capturée par Hadès, dieu des Enfers. À la Renaissance, la Mort est représentée sous les traits d’un personnage masculin dans une étreinte érotique avec sa proie. Dans la gravure de Munch, la jeune fille n’est pas dominée, mais enlace elle-même passionnément la Mort. Hors cadre, la présence de têtes fœtales et de filaments de sperme semble préfigurer la victoire de la vie. L’abandon voluptueux de la jeune fille renforce la puissante atmosphère érotique de l’œuvre, soulignant la parenté entre luxure et mort.

Ce poème entend renverser la perspective, majoritairement masculine, du mythe. Et si c’était la jeune fille qui séduisait la Mort? Loin d’être horrifiée par le trépas, elle l’appelle de ses vœux, la désire dans sa chair. Elle l’aime parce qu’elle l’a choisi, tout comme elle choisit de le dire dans une forme classique, masculine s’il en est: la tragédie en alexandrins.

C’est que la jeune fille en a assez d’être allégorie de la fertilité, assez d’être ce corps nu, plaqué contre son gré contre un squelette vorace; assez qu’on lui dise que sa fière beauté de femme est vouée à nourrir des vers. La jeune fille s’empare de la parole, tue le corps nu destiné au regard masculin. C’est la Mort elle-même qui lui insuffle son souffle d’écriture. C’est son trépas qui la fait trépasser, d’une rive à l’autre et d’une langue à l’autre, dans cette union étrange entre morts et vivants qu’on nomme littérature.


L'EMPIRE DES LUMIÈRES

  L Empire des Lumières (1953-1954) - © C.H./ADAGP Paris, 2017

L Empire des Lumières (1953-1954) - © C.H./ADAGP Paris, 2017

texte et narration: Audrey Guttman

Le 19 septembre 2016

Performance réalisée à l'occasion de l'ouverture de la rétrospective René Magritte au Centre Pompidou.

Les titres de plus de cent tableaux de Magritte s'y cachent. Saurez-vous les retrouver?

 

L’empire des lumières
pour C.H.

Pour toi je bâtirai l’empire des lumières
Pour toi Shéhérazade ce monde au soir qui tombe
Au son de grelots roses te célébrant, Joconde
Dégageant la lumière d’un ciel en lambeaux

Je t’ai longtemps cherchée, et fait de grands voyages
Au cours de ma jeunesse, ne voulant pour épouse
Ni d’une lectrice soumise ni d’illusion modèle
Il y a dans la forêt assez d’arbres savants!

Je cherchais une rose, non un bouquet tout fait
Mais ce modèle rouge demeurait introuvable
Je t’ai trouvée au bout d’un siècle de patience
Ma femme incorruptible au visage de génie!

De toi, belle hérétique, les réponses imprévues
Révèlent de la parole un usage virtuose
Femme à l’esprit comique toujours en mouvement
Rose au parfum d’abîme et à la voix de sang

Quand l’heure sonnera pour nous de faire trait d’union
Toi en robe d’aventure, moi en chapeau melon
Ce mariage de minuit fera le tour du monde
Figures de la nuit à la belle saison

Je veux boire à ta source, ô ma femme-bouteille
Tomber dans ton abîme à la naissance du jour
Sur les bosquets légers qui surplombent ton chef d’oeuvre
Je plante mon drapeau noir, et c’est la fin du monde

Pom' po pom' po pon po pon pon
Susurre mon enjôleuse aux pattes de velours
Depuis ton Atlantide où chantent les sirènes
Tu appelles l’homme du large à ta colonne d’amour

Quant aux maîtres d’école taxant de beau langage
Ce puits de vérité, aux barbares qui allèguent
Que j’ai commis la haute trahison des images,
A ces pieux fanatiques, je porte le coup de grâce!

Chers civilisateurs, toutes vos dialectiques
Appliquées à la hâte par décalcomanie
Vos valeurs personnelles et vos onomastiques
Ne seront jamais dignes du musée d’une nuit

Votre belle société dispense la bonne parole
Et maîtrise l’alphabet de ces révélations,
Le seul langage parlé à votre grande table,
Qui passe pour un art de la conversation

Je ne vois, d’évidence, qu’une marche de snobs
Aux vérités aimables, dont la lunette d’approche
Est un blanc-seing sinistre de perversité.
Au cœur de ce brasier, l’intelligence expire!

Ceci n’est pas une pomme, et je ne suis pas Adam!
Joconde, je t’en prie, n’écoute pas ces serpents!
Ce sont des oiseaux morts, pas des fruits défendus,
Que tiennent ces Conquérants dans leurs menottes de cuivre

Ces Prophètes Thérapeutes, en vrais enfants du siècle,
Veulent soustraire leur jeunesse à la saveur des larmes
Leur printemps éternel se donne pour bon exemple
Mais il n’y a pas de vie dans ce bain de cristal

On ne triche pas avec la condition humaine
La vraie philosophie n’est pas dans le boudoir
Mais dans l’aube désarmée qui suit la paix du soir
Sur le chemin du ciel… Mystères de l’horizon!

Je crache sur le grand style et la légende des siècles
Les travaux d’Alexandre et les promenades d’Euclide
Ces Grandes Espérances sont des lampes d’Aladin
Où nul génie n’habite - pas même une belle captive!

Cette grande marée me gagne comme le mal du pays…
A la suite de l’eau, des nuages m’envahissent,
Enfonçant ma bonne foi sous la fatigue de vivre.
Mais ma main de poète tient la clé des songes

Au seuil de la forêt, un jockey perdu pleure
Allongé sur un champ couvert de fleurs d’abîme,
De petites primevères, et de galets d’ailleurs
Ce Prince des objets est d’une douceur infime

Il cultive les idées et les grandes espérances
Et vit en permanence dans un monde éveillé.
Vous ne saurez jamais le fond des rêveries
Du promeneur solitaire qui pense à la folie

De ces châteaux hantés où l’on joue en secret
A divers jeux d’amour, aux parades, à la mourre
« Dieu n’est pas un saint! » y disent les séducteurs
A leurs liaisons dangereuses, semant l’espoir rapide

De mille légendes dorées. Prenez la clef des champs
De cet appel des cimes! Car son retour de flamme
Est un ciel meurtrier. Tel est le pot aux roses
De ces poses enchantées, qu’on nomme liberté.

 

Traduction anglaise:

The Empire of Light

for C. H.
For you I will build the Empire of Light
For you Scheherazade this world at evening’s fall
To the sound of pink bells celebrating you, Mona Lisa
Freeing the light of a tattered sky

I have long sought you, and made great trips
During my youth, wanting not for wife
Neither submissive reader nor model illusion,
There are enough knowledgeable trees in the forest!

I longed for a rose, not a ready-made bouquet
But that red model was nowhere to be found
Still I found you, after a century of patience
My incorruptible wife with a face of genius!

Your unexpected answers, my beautiful heretic,
Reveal a virtuose use of speech
Woman with a comic mind, always on the move
Rose with the scent of chasm and the voice of blood

When the time comes to draw a hyphen between us
You in a dress of adventure, me in a bowler hat
Our midnight wedding will go around the world
Figures of the night in the high season

I want to drink to your source, O my bottle-wife
Fall into your abyss at daybreak
On the lightweight groves overlooking your masterpiece
I plant my black flag, and it’s the end of the world

Pom’ po pom’ po pon po pon pon pon
You coax me in a whisper, with velvet paws
From your Atlantis where sirens sing
You call the man of the sea to your love mast

As for the schoolteachers accusing of fine language
This well of truth, to the barbarians who allege
That I have committed the high treachery of images,
To those pious fanatics, I give the final blow!

Dear civilizing folk, all of your dialectics
Applied hastily, like decals,
Your personal values nd your onomastics
Will never be worthy of the museum of the night

Your high society preaches the good word
And masters the alphabet of these revelations,
The only language spoken at your great table
That passes for an art of conversation

I only see, evidently, a procession of snobs
With amiable truths, whose angle of approach
Is a sinisterly perverse blank cheque.
At the heart of this inferno, intelligence expires!

This is not an apple, and I am not Adam!
Mona Lisa, I beg you, do not listen to these snakes!
They are dead birds, not forbidden fruit,
That these Conquerors hold in their copper handcuffs

These Therapist-Prophets, true children of the century,
Want to subtract their youth to the taste of tears
Their eternal spring passes for good example
But there is no life in this crystal bath

You can not cheat with the human condition
True philosophy is not in the boudoir
But in the disarmed dawn that follows the evening peace
On its way to the sky ... Mysteries of the horizon!

I spit on great style and the Legend of Ages
Alexander's work and Euclid’s walks
These Great Expectations are Aladdin lamps
Where no genie lives - not even a beautiful captive!

This high tide overtakes me like a homesickness ...
Following the water, clouds wash over me,
Shoving my good faith under the strain of living.
But my poet's hand holds the key to dreams

On the threshold of the forest, a lost jockey cries
Lying on a field covered with flowers from the abyss,
Small primroses, and pebbles from elsewhere
The Prince of objects is infinitely kind

He cultivates ideas and great expectations
And lives forever in an awakened world.
You will never know the meaning of the reveries
Of the solitary wanderer who thinks about the madness

Of those haunted castles where one plays in secret
A variety of love games, the parades, the mourre
« God is not a saint! » say these seducers
To their Dangerous Liaisons, spreading the fast hope

Of a thousand golden legends. Get away
From this call of the peaks! For its backfiring
Is a murderer sky. This is the truth behind
Those enchanted poses, that so-called freedom.

Audrey Guttman