Images du Labyrinthe : l’atelier surréaliste
Carte blanche
Christie’s, Paris
12 septembre – 3 octobre 2024
Pour le centenaire du surréalisme (1924-2024), Christie's invite l'artiste Audrey Guttman à concevoir une « carte blanche » célébrant le mouvement et le mettant en résonance avec son propre travail. L'exposition prend pour centre le lieu mythique de l'atelier surréaliste, où les « images du labyrinthe » (Caillois) éclairent la carte d'un territoire inépuisable, essentiel à l'artiste. Sous son commissariat, elle trace un chemin singulier et personnel dans le dédale surréaliste, en dix chapitres évoquant les thèmes fondateurs et les visions du rêve surréaliste.
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Le long du dédale, le visiteur rencontrait des installations habitées, tel « l'atelier surréaliste », hommage à l'atelier d'artiste comme « refuge contre tout le machinal du monde » (Gracq) et aux mises en scène fameuses par lesquelles André Breton faisait vivre des cosmogonies intimes. C'est le fourneau surréaliste par excellence, où les frontières restent résolument poreuses entre collectionner et créer, la pensée et la poésie, les mots et les images. Tel que Breton l'a réinventé, le mur ne nous enferme plus : il libère. C'est cette liberté absolue que l'artiste veut donner à voir, par les principes du collage et de l'assemblage, au cœur même de la logique surréaliste.
L'exposition comporte une installation-labyrinthe interactive qui invite le visiteur à jouer avec le hasard. Elle est en cela à l'image du surréalisme lui-même, mû en apparence par la fantaisie, et qui recouvre pourtant un parcours initiatique menant à penser autrement l'existence. Au cœur de toutes nos contradictions — y compris celle qui consiste à célébrer ce que le surréalisme a d'inattendu —, le labyrinthe incarne la coexistence de la liberté et de la contrainte, du commencement et de la fin, et dessine les contours d'un dédale que, cent ans plus tard, nous n'avons pas fini de parcourir.
Des sculptures océaniennes aux poèmes de Lautréamont, l'exposition met en lumière les sources d'inspiration du mouvement et rend hommage à des figures qui vont d'André Breton à Valentine Hugo, de Hans Bellmer à Leonora Carrington, de Jane Graverol à René Magritte. Traçant un chemin dans cette forêt d'œuvres, de manuscrits, de reliques et d'objets, Guttman nous exhorte à trouver notre propre voie dans le dédale des possibles, par-delà le désarroi et l'agacement. Dans le champ magnétique immense de la vie intérieure, se perdre, c'est se trouver.
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